Samedi 9 mars, de nombreux Grenoblois ont répondu à l’appel à manifester « pour le climat », lancé par l’association de protection de la montagne Mountain Wilderness comme point de départ à d’autres actions prévues en France.

Encordés et casqués depuis le sommet de la Bastille qui domine la ville, ils étaient environ 400, dont le maire de Grenoble Eric Piolle ou l’alpiniste Lionel Daudet, à rejoindre le centre de Grenoble pour dire leur inquiétude et témoigner des effets du réchauffement dans les montagnes, présentées comme les sentinelles de l’évolution du climat : reculs des glaciers, éboulements de falaises liés à la dégradation du permafrost. Frédi Meignan, président de Mountain Wilderness et ex-gardien du refuge du Promontoire dans le massif des Ecrins, explique par exemple que l’évolution des glaciers de la Meije met en péril les grandes courses classiques du massif.


L’association milite inlassablement pour le développement d’une approche touristique douce de la montagne, contre son équipement à outrance ou la pratique des loisirs motorisés, et pour une économie montagnarde diversifiée. « Des changements sont indispensables dans les modes de vie citadins, et les habitants des espaces d’altitude ont leur rôle à jouer. Nous observons que le modèle touristique en montagne s’use et qu’il n’est pas pérenne face aux changements globaux. Nous remettons en question le modèle de consommation du territoire, il est à déconstruire pour en reconstruire un nouveau plus en lien avec ce dernier« , explique l’association.

Pour autant, aucune revendication politique ou sociale n’était à l’ordre du jour du cortège ni n’en a émergé. Le matin même à Grenoble, quelques centaines de Gilets Jaunes grenoblois ont défilé sous fort contrôle policier, tentant visiblement un rapprochement avec les habitants du quartier Mistral, d’où s’échappait encore une épaisse colonne de fumée après les émeutes des derniers jours suite au décès de deux jeunes poursuivis par la police. Ce jour-là, le cortège des montagnards semblait à des années lumière de ces évènements, et le slogan « changeons le système, pas le climat » plutôt incertain. L’esprit de cordée pourra-t-il et voudra-t-il s’accorder aux luttes en cours dans les vallées ?

dans le contexte des émeutes suscitées par la mort de deux jeunes le 2 mars dernier © Leïla Shahshahani

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