Un rassemblement régional des Gilets Jaunes s’est déroulé samedi 23 mars à Grenoble, pour le 19ème acte du mouvement. Plusieurs centaines de personnes, sans doute proche du millier, ont défilé pendant plus de trois heures du Parc Paul Mistral au centre ville.

Sous un grand soleil, la manifestation a regroupé des personnes de tous les âges, hommes, femmes et familles, de bonne humeur mais déterminés. Beaucoup sont déjà rodés, ayant participé aux précédents actes, y compris sur les Champs-Elysées le week-end dernier. On y a croisé instit, travailleuse sociale, retraités, jeune zadiste… certains n’ayant jamais manifesté avant ce mouvement des Gilets Jaunes.

La décision d’Emmanuel Macron de faire appel à l’armée pour assurer la sécurité des manifestations les a effarés, mais pas dissuadés, au contraire. Cette manifestante savoyarde s’amuse de la couverture médiatique : « Chaque semaine on nous dit que le mouvement s’essouffle, et à la 19ème semaine, Macron appelle l’armée en renfort, quel essoufflement ! »



Quant aux vitrines brisées ou autres actes de casse commis par certains groupes dans les manifestations, y compris à Paris sur les Champs-Elysées, la plupart considèrent qu’ils sont devenus l’unique façon de se faire entendre et de tenter de renverser l’ordre établi.
On se réfère souvent à mai 68, « qui ne s’est pas fait dans la douceur« , et on évoque des violences policières gratuites et le sort ignoré des nombreux blessés graves. Pour Anne, une trentenaire qui défile, « ceux qui nous gouvernent ne lâcheront jamais leurs privilèges s’ils n’y sont pas contraints ».


La manifestation est passée devant les locaux de France 3 sans faire de halte, puis devant l’Hôtel de Police et la Préfecture, sans que le face-à-face avec la police ne dégénère, le gros des troupes continuant à défiler dans le calme en direction du centre ville, jusqu’à la gare puis de nouveau au centre où le cortège s’est dispersé après avoir croisé quelques cordons de policiers.
Quelques vitrines, essentiellement de banques, ont été brisées cours Berriat. Les rues du centre ville étaient bien remplies ce samedi, et le cortège s’est frayé son chemin au milieu des nombreux passants venus faire leurs courses ou boire un verre en terrasse.

Parmi les manifestants, des membres du syndicat Solidaires Isère militent pour une convergence des luttes à Grenoble. Dans un communiqué du 20 mars, le syndicat regrette que la journée du 16 mars n’ait pas réussi à réunir trois cortèges distincts : marche pour le climat, manifestation des Gilets Jaunes et manifestation contre le racisme d’Etat et les violences policières. « Nous n’appelons pas à la convergence pour des motifs incantatoires ou agitatoires, mais parce que nous pensons que « fin du monde et fin du mois sont un même combat ». Justice sociale, justice environnementale et justice démocratique ont vocation à se fédérer« , rappelle le syndicat. Pour un retraité croisé dans la manif, « l’écologie c’est bien, mais on n’a pas l’argent pour se payer des voitures non polluantes« . Pendant ce temps, « l’Etat veut supprimer le train qui relie Grenoble à Gap, c’est le contraire de ce qu’il faut faire« , dénonce-t-il.

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